L'analyse du match
Par Rémy · Publié le 19 juin 2026 à 12:47
Le Raja n’a plus le droit à l’erreur dans la course au titre : face au CODM Meknès, c’est trois points obligatoires pour rester dans la roue des leaders.
Il reste cinq journées au calendrier de la Botola Pro D1 Inwi, et c’est en haut du tableau que tout se joue. Le Raja Casablanca aborde cette 26ème journée avec une seule consécration en tête : le titre. Troisième du championnat avec 46 points, le club vert et blanc n’a laissé filer la tête que d’une poignée d’unités, et chaque rencontre prend désormais des allures de finale anticipée. En face, le CODM Meknès arrive sans pression au classement, installé dans un ventre mou tranquille, suffisamment loin de la zone rouge pour aborder ce déplacement l’esprit léger. Deux états d’esprit que tout oppose, pour un match qui n’a pas la même saveur des deux côtés du terrain.
Au sommet, l’empilement est terrible de densité. Le Maghreb de Fès et l’AS FAR de Rabat se disputent la première place autour des 48-49 points, la Renaissance de Berkane talonne à 46 unités, et le Raja partage cette même ligne comptable. Autant dire que les Verts évoluent au point près : un faux pas et c’est non seulement le titre qui s’éloigne, mais aussi la garantie d’un billet pour la scène continentale qui se complique. À ce stade de la saison, les hommes du Raja savent que la moindre concession se paie cash. Il faut gagner, et de préférence sans trembler, pour mettre la pression sur ceux qui jouent plus tard dans le week-end.
La dynamique récente des Casablancais a de quoi rassurer, sans être totalement linéaire. Mercredi dernier, le Raja est allé chercher un succès spectaculaire sur la pelouse de la Renaissance de Zemamra (4-3), au terme d’un match à rebondissements où Sabir Bougrine, Azzedine Laftah, Ayoub El Amloud et Besar Halimi ont fait trembler les filets. Trois points précieux, mais aussi une défense qui a concédé trois buts : la marge offensive existe, l’équilibre reste à trouver. Surtout que la semaine d’avant, les Verts avaient calé à Marrakech face au Kawkab (0-2), un revers qui rappelle que cette équipe peut s’éteindre quand l’intensité baisse d’un cran. Cette irrégularité, c’est l’ennemie numéro un d’une fin de saison.
Devant son public, le Raja reste néanmoins une place forte. Le poids du stade, le soutien des Ultras, l’habitude de contrôler le temps fort à domicile : autant d’atouts qui doivent permettre aux Verts d’imposer leur loi d’entrée. La clé tactique tiendra sans doute dans la capacité du Raja à faire vivre le ballon sans s’exposer aux transitions. Dans son 4-2-3-1 habituel, la paire de milieux récupérateurs sera déterminante : c’est elle qui devra verrouiller les espaces pour ne pas revivre les frayeurs de Zemamra. Si le bloc reste compact et que les latéraux osent monter sans laisser de boulevards derrière eux, l’affaire est jouable.
Jusqu’à 100 € remboursés en CASH si votre 1er pari sportif est perdant !
Remboursé en cash et sans condition de mise : des gains directement retirables, pas des Freebets.
En face, le CODM Meknès avance avec les jambes plus légères, mais pas forcément plus fraîches. Septième du classement avec une trentaine de points, le club de la cité ismaïlienne a longtemps navigué dans la moyenne, sans jamais regarder ni le haut ni le bas avec angoisse. Sa dernière sortie a tourné court : défaite à domicile face à la Renaissance de Zemamra (1-2), avec un Mustapha Sahd toujours précieux devant le but, auteur de sa quatrième réalisation de la saison. Avant cela, le CODM avait concédé le partage à Yacoub El Mansour (1-1) et s’était incliné chez lui contre Berkane (0-1). Une série sans grand relief, qui traduit une équipe en gestion plus qu’en conquête.
Le déplacement à Casablanca a quelque chose d’un piège inversé. Sans enjeu comptable brûlant, les coquelicots de Meknès peuvent jouer libérés, sans la peur au ventre, et c’est souvent dans ces conditions qu’une équipe de milieu de tableau vient gratter un point inattendu. Le souci, c’est l’effectif : la sortie sur blessure de Youssef Anouar lors du dernier match laisse planer un doute sur la profondeur du banc méknassi. Face à un Raja qui voudra presser haut, il faudra du coffre et de la disponibilité physique pour tenir la distance, et c’est là que le bas de tableau se distingue parfois du haut : dans la capacité à ne pas lâcher le ballon quand la pelouse pique et que les organismes tirent.
Tactiquement, le CODM devra trancher entre deux options : subir en bloc bas pour limiter les dégâts et compter sur Sahd en contre, ou tenter de poser le jeu et de priver le Raja du ballon. La première solution paraît la plus raisonnable face à un adversaire en mission, mais elle suppose une discipline de chaque instant : un bloc bas qui cède de dix mètres offre à un Halimi ou à un Bougrine exactement l’espace qu’ils cherchent. La moindre relâche dans les duels, et le Raja s’engouffre.
Sur le papier comme dans les jambes, la différence d’exigence est réelle. Le Raja a l’urgence du titre, le talent offensif et l’avantage du terrain ; le CODM a la sérénité de celui qui n’a plus rien à perdre et la capacité de faire douter une grosse cylindrée nerveuse. Tout l’enjeu, pour les Verts, sera de transformer la pression en lucidité plutôt qu’en précipitation. Le calendrier ne laissera aucun répit : chaque journée qui vient pourra rebattre les cartes en haut de la Botola. Reste une question : le Raja saura-t-il gérer ses nerfs pour ne pas laisser filer le rêve d’un nouveau sacre ?