L'analyse du match
Mancini déjà sous pression à Bursa !
Par Rémy · Publié le
Trois jours après une première journée qui a tourné au vinaigre pour elles, la Turquie et l’Italie se retrouvent ce lundi 28 septembre à 20h45 à l’Atatürk Spor Kompleksi de Bursa, pour le compte de la 2ème journée du groupe A1 de la Ligue des Nations. Dans cette poule très relevée, qui réunit également la France et la Belgique, opposées le même soir à Bruxelles, le perdant de ce duel se retrouverait déjà lâché au classement. Autant dire que la rencontre a des airs de match couperet, dès le mois de septembre.
Vendredi, à Kocaeli, la Turquie a longtemps résisté avant de céder face aux Bleus de Zinédine Zidane, victorieux 1-0 pour la grande première du technicien français sur le banc tricolore. Un but de Kylian Mbappé (54ème) a suffi au bonheur des visiteurs, malgré la sortie sur blessure du capitaine français dans la foulée de son ouverture du score. Dans le même temps, à Rome, la Nazionale a sombré au Stade Olympique face à la Belgique de Mark van Bommel (0-2), punie par Mika Godts (20ème) puis Dodi Lukébakio (69ème).
Au classement de ce groupe A1, la hiérarchie est donc déjà dessinée : la Belgique et la France comptent 3 points, quand Turcs et Italiens pointent à zéro. Avec seulement six journées dans cette poule à quatre, le vaincu de lundi soir compterait déjà six longueurs de retard sur la tête en cas de succès du leader à Bruxelles. Un scénario que personne ne veut envisager, ni à Bursa ni à Rome.
Pour la Turquie de Vincenzo Montella, cette Ligue des Nations ressemble à une opération reconquête. Éliminée dès le premier tour de la Coupe du monde 2026, sortie par la petite porte d’un groupe D où son attaque est restée désespérément stérile, la sélection au croissant-étoile n’a toujours pas digéré son fiasco mondial. Vendredi face aux Bleus, les hommes de Montella ont montré du cœur et de la discipline, mais ils ont de nouveau buté sur le même écueil : l’incapacité chronique à convertir leurs temps forts.
Le problème, c’est que le technicien italien de la sélection turque doit composer sans trois éléments fondamentaux. Hakan Çalhanoğlu, touché musculairement en club, Kenan Yıldız, victime d’une fracture du cinquième métatarsien du pied gauche avec la Juventus, et le défenseur Mert Müldür manquent tous à l’appel. « Sans Çalhanoğlu et Yıldız, ce n’est pas la même Turquie », a d’ailleurs reconnu Montella lui-même dans la presse. Privé de son métronome et de son joyau offensif, il devra une nouvelle fois s’appuyer sur Arda Güler, le meneur du Real Madrid, pour porter le jeu.
La bonne nouvelle pour les Turcs, c’est justement ce retour à la maison. Même privée de ses cadres, la Turquie sait qu’elle peut compter sur une ferveur populaire rarement démentie, et l’enceinte de Bursa promet une ambiance bouillante pour la venue des Italiens. Face à une Nazionale en crise de confiance, les partenaires d’Arda Güler abattent peut-être là leur meilleure carte du rassemblement.
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En face, l’Italie traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Privée de Coupe du monde pour la troisième fois consécutive après son barrage perdu aux tirs au but à Zenica face à la Bosnie-Herzégovine (1-1 a.p., 4 tab à 1), la Squadra Azzurra a tourné la page Gennaro Gattuso au printemps, avant de rappeler Roberto Mancini cet été pour reconstruire.
Le retour du sélectionneur champion d’Europe 2021 n’a pourtant rien changé vendredi : une Italie sans âme, battue 0-2 sur sa pelouse romaine, a replongé ses « tifosi » dans le doute. Mancini a pourtant frappé fort dès sa première liste, convoquant 34 joueurs dont neuf nouveaux visages pour ce rassemblement marathon, avec l’ambition affichée d’identifier les piliers de sa nouvelle Nazionale.
Sur le papier, l’ossature reste pourtant séduisante, de Gianluigi Donnarumma dans les buts à la paire Nicolò Barella – Sandro Tonali dans l’entrejeu, en passant par Mateo Retegui en pointe. Mais la presse transalpine évoque des pépins physiques pour plusieurs cadres, à l’image de Federico Dimarco, annoncé touché au genou, et l’animation offensive aperçue face aux Belges a laissé les observateurs sur leur faim.
Les deux nations gardent par ailleurs un souvenir très contrasté de leur dernière grande retrouvaille : en ouverture de l’Euro, en juin 2021 à Rome, l’Italie de Mancini — déjà lui — avait étrillé la Turquie (3-0), avant de filer vers le titre continental. Et le calendrier ajoute du piment : les deux équipes se recroiseront dès le 5 octobre à Bologne, après un déplacement des Italiens à Saint-Denis pour défier la France le 2 octobre. Un enchaînement capable de faire basculer tout le début de campagne.
Malgré sa défaite inaugurale, l’Italie fait figure de favorite aux yeux des bookmakers : sa victoire se négocie aux alentours de 2.30, quand un succès turc oscille entre 2.80 et 2.95 et que le match nul se situe autour de 3.35. Des cotes serrées, à l’image d’une affiche entre deux équipes blessées, où la moindre erreur peut coûter très cher. Rien n’est joué d’avance, et aucun pari ne garantit quoi que ce soit : prudence et modération restent de mise.
Reste que l’expérience plaide pour les visiteurs. Face à une Turquie décimée et toujours en panne offensive, la Nazionale a les arguments techniques pour relever la tête, et Mancini connaît mieux que personne le chemin qui mène des soirées de doute aux grandes épopées. Une victoire italienne, proposée aux alentours de 2.30, semble l’option la plus logique de cette affiche, même si le piège de Bursa est bien réel. L’Italie peut-elle vraiment se permettre un nouveau faux pas ?
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