L'analyse du match
Par Rémy · Publié le 29 septembre 2026 à 16:30
Il y a des affiches qui n’ont jamais besoin d’être vendues. Ce vendredi 2 octobre 2026 à 20h45, le Stade de France accueille France – Italie pour la 3ème journée du groupe A1 de la Ligue des Nations, en Ligue A. Pour Zinédine Zidane, c’est le premier match à domicile comme sélectionneur, face à la Squadra Azzurra qu’il a croisée si souvent comme joueur, jusqu’à cette finale de 2006 que personne n’a oubliée. Pour Roberto Mancini, revenu sur le banc italien fin juillet après le départ de Gennaro Gattuso, c’est l’occasion de prouver que la Nazionale a tourné la page d’un Mondial 2026 manqué après un barrage perdu contre la Bosnie.
Au classement, les Bleus ont pris les devants. Deux matchs, deux victoires, deux buts marqués, aucun encaissé : la France compte 6 points et pointe seule en tête du groupe. Derrière, la Belgique et l’Italie se tiennent à 3 points, les Diables Rouges gardant l’avantage grâce à leur succès à Rome, tandis que la Turquie ferme la marche sans le moindre point. Une victoire vendredi permettrait aux hommes de Zidane de compter 6 longueurs d’avance sur la Nazionale à mi-parcours, avant la 4ème journée du lundi 5 octobre, où l’Italie retrouvera la Turquie à Bologne.
Le début de l’ère Zidane ressemble à une leçon de gestion. À Kocaeli, le 25 septembre, la France s’est imposée 1-0 en Turquie grâce à un but de Kylian Mbappé à la 54ème minute, avec un onze très expérimenté organisé autour d’Ousmane Dembélé en faux 9, Michael Olise à droite et Mbappé à gauche. Trois jours plus tard, à Bruxelles, le sélectionneur a changé neuf des onze titulaires, lançant notamment Andy Diouf, Jérémy Jacquet et Lucas Da Cunha pour leur première sélection. Le pari a payé : domination nette (65 % de possession, 18 tirs), une barre transversale de Désiré Doué, un poteau de Da Cunha, puis la délivrance à la 88ème minute. Entré en jeu, Michael Olise a accéléré depuis le rond central avant d’enrouler une frappe parfaite au ras du poteau pour offrir le 1-0 au stade Roi-Baudouin.
Ce qui frappe, au-delà des résultats, c’est la solidité défensive. En deux sorties loin de Paris, les Bleus n’ont pas concédé le moindre but et la Belgique n’a cadré sa première frappe qu’à la 73ème minute. Le revers de la médaille est connu : l’efficacité offensive reste perfectible, avec seulement deux buts inscrits malgré un volume de jeu conséquent.
Les absents et la composition probable des Bleus : la France sera privée de Kylian Mbappé, blessé au genou gauche (hyperextension) sur son but en Turquie et forfait pour la suite du rassemblement. Zidane a choisi de ne pas le remplacer numériquement dans le groupe. Le sélectionneur doit déjà composer sans Ibrahima Konaté (genou, remplacé par Leny Yoro), Warren Zaïre-Emery, William Saliba, Aurélien Tchouaméni ni Lucas Risser (remplacé par Brice Butez). Après la large rotation de Bruxelles, le retour d’une ossature proche de celle alignée à Kocaeli est l’hypothèse la plus logique : Mike Maignan dans les buts, Jules Koundé, Dayot Upamecano, Maxence Lacroix et Adrien Truffert en défense, Adrien Rabiot, Manu Koné et Rayan Cherki au milieu, Olise et Ousmane Dembélé devant, avec Désiré Doué comme favori pour occuper le couloir gauche laissé libre par Mbappé. Cette composition reste à confirmer lors de la conférence de presse de veille de match.
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En face, l’Italie arrive avec un tout autre état d’esprit qu’il y a une semaine. Battus 2-0 à Rome par la Belgique en ouverture (buts de Mika Godts et Dodi Lukebakio), les protégés de Mancini ont répondu de la plus belle des manières lundi soir à Bursa. Avec huit changements dans le onze de départ, les Azzurri ont écrasé la Turquie 4-1 : Alessandro Bastoni a ouvert le score dès la 9ème minute sur corner, Davide Frattesi a doublé la mise à la 22ème, le jeune Michael Kayode a signé le troisième but cinq minutes plus tard, et après la réduction de l’écart de Bariş Alper Yılmaz (47ème), Pio Esposito a clôturé la marque (50ème). Trois buts en moins d’une demi-heure, un jeu en une touche de balle retrouvé : la Nazionale a rappelé qu’elle restait une équipe capable de faire très mal.
Côté italien, Mancini travaille avec une liste élargie de 34 joueurs, dont neuf nouveaux venus, et a laissé dix éléments à Coverciano pour le déplacement en Turquie, parmi lesquels Nicolò Barella et Gianluca Mancini, dans le cadre d’un programme individualisé. Leur présence à Saint-Denis reste à confirmer. Nicolò Zaniolo, blessé, a quitté le rassemblement et manquera le déplacement en France, tout comme Manuel Locatelli, Federico Chiesa et Marco Palestra, blessés avant même l’annonce de la liste. Gianluigi Donnarumma, titulaire à Bursa, devrait garder les buts.
L’histoire récente entre les deux nations invite à la prudence. Lors de la Ligue des Nations 2024-25, l’Italie était venue s’imposer 3-1 au Parc des Princes en septembre 2024, malgré l’ouverture du score éclair de Bradley Barcola. Deux mois plus tard, les Bleus avaient rendu la pareille à San Siro, sur le même score de 3-1, avec un doublé d’Adrien Rabiot. Deux victoires à l’extérieur, aucune pour l’équipe qui recevait : dans ce duel, le terrain n’a pas toujours été un avantage.
Tactiquement, le scénario le plus probable voit la France confisquer le ballon, comme à Bruxelles, face à une Italie capable de se regrouper puis de frapper vite. La clé se jouera dans les couloirs : Olise et Doué devront faire la différence en un contre un face à un bloc bien organisé, pendant que la charnière française devra surveiller les projections de Frattesi et la présence de Pio Esposito dans la surface. Marquer tôt serait la meilleure façon d’éviter le piège d’un match fermé, que les Italiens savent gérer mieux que quiconque.
Sur le marché, les bookmakers voient les Bleus nettement favoris : la victoire française s’affiche aux alentours de 1.42, le match nul autour de 4.40 et un succès italien vers 6.00. Les cotes n’étant pas encore toutes chargées sur la fiche du match au moment d’écrire ces lignes, ces valeurs restent indicatives. Malgré l’absence de Mbappé, la solidité affichée par la défense française et la profondeur de banc à disposition de Zidane plaident pour les locaux. Le pronostic retenu est donc une victoire de la France, cotée aux alentours de 1.42, en gardant à l’esprit qu’une Italie relancée par son carton de Bursa n’a rien d’une victime expiatoire.
Zidane peut-il prolonger son sans-faute et faire du Stade de France la forteresse de sa nouvelle ère, ou la Nazionale de Mancini viendra-t-elle, comme en 2024, rappeler que Saint-Denis n’a rien d’un jardin ?
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