L'analyse du match
Par Rémy · Publié le 16 juillet 2026 à 09:47
Il y a des matchs que personne ne rêve de jouer, mais que personne ne veut perdre. La « petite finale » de cette Coupe du Monde 2026 entre dans cette catégorie : samedi 18 juillet à 23h00 (heure de Paris), la France et l’Angleterre se retrouvent au Hard Rock Stadium de Miami pour l’attribution de la troisième place. Deux immenses déçus des demi-finales, deux nations qui visaient le trophée, et une médaille de bronze qui, mine de rien, raconte toujours quelque chose d’une génération.
Pour les Bleus, la rencontre a une saveur toute particulière : elle sera la dernière de Didier Deschamps sur le banc tricolore, quatorze ans après son arrivée en 2012. Le groupe France aura à cœur d’offrir une sortie digne à son sélectionneur, avant une passation attendue. Autre fil rouge, et pas des moindres : Kylian Mbappé, auteur de 8 buts et 3 passes décisives dans ce Mondial, est à égalité avec Lionel Messi (8 buts) dans la course au Soulier d’or. Le capitaine des Bleus a donc de solides raisons personnelles de jouer cette rencontre à fond, et de la marquer de son empreinte.
Le parcours des hommes de Deschamps laissait pourtant espérer mieux qu’un match de classement. Un groupe I survolé avec 9 points sur 9 : victoire 3-1 contre le Sénégal avec un doublé de Mbappé, 3-0 face à l’Irak, puis 4-1 contre la Norvège, soirée marquée par un triplé d’Ousmane Dembélé. Les Tricolores ont ensuite écarté la Suède en huitième de finale avant de dominer le Maroc en quart (2-0), avec une maîtrise qui rappelait les grandes heures de cette génération.
Puis l’Espagne est passée par là. À Dallas, mardi, la Roja a infligé une véritable leçon aux Bleus (2-0) : penalty transformé d’entrée de match par Mikel Oyarzabal, après une faute sur l’insaisissable Lamine Yamal, puis but de Pedro Porro en seconde période, au terme d’une combinaison avec Dani Olmo. La possession fut quasiment équilibrée, mais le danger n’a existé que d’un côté : les Français ne se sont pas créé la moindre occasion franche. Au bout d’un mois de compétition, les organismes tricolores ont semblé lourds, les appels moins tranchants, les duels moins mordants.
Jusqu’à 100 € de Freebets offerts si votre tout premier pari est perdant !
DaznBet vous recrédite 100 % de votre 1re mise perdante en Freebets sous 24 h.
En face, l’Angleterre nourrit des regrets au moins aussi grands. Les Three Lions de Thomas Tuchel avaient terminé en tête du groupe L avec 7 points : succès spectaculaire 4-2 contre la Croatie avec un doublé de Harry Kane, 0-0 frustrant face au Ghana, puis victoire 2-0 devant le Panama. En huitième, un doublé tardif de Kane (75e, 86e) a renversé la RD Congo (2-1), avant un quart de finale haletant remporté 3-2 contre le Mexique, pays hôte de la compétition.
La demi-finale contre l’Argentine, mercredi, a laissé des traces. Devant au score grâce à Anthony Gordon (55e), les Anglais ont reculé, reculé encore, jusqu’à céder dans les dernières minutes : égalisation d’Enzo Fernández (85e), puis but assassin de Lautaro Martínez au bout du temps additionnel (90e+2). Outre-Manche, les choix frileux de Tuchel, notamment la sortie de Gordon au profit d’un défenseur supplémentaire alors que son équipe menait, ont déclenché une vive polémique. Le technicien allemand jouera aussi une partie de son crédit samedi soir.
Reste la grande inconnue de ce type de rendez-vous : la motivation et le turnover. Quatre jours après les demies, dans la chaleur moite de la Floride, les deux sélectionneurs devraient panacher leur onze. Deschamps pourrait récompenser des remplaçants exemplaires depuis un mois, tout en conservant une colonne vertébrale de cadres pour viser le podium. Les Bleus restent privés de William Saliba, blessé, tandis que Tuchel doit composer sans Jordan Henderson, forfait pour la fin du tournoi, ni Tino Livramento, sorti du groupe anglais.
Le duel des buteurs, lui, promet : Kane compte 6 buts dans la compétition, tout comme Jude Bellingham, et Mbappé sait qu’une dernière inspiration samedi peut lui offrir le Soulier d’or devant Messi, l’Argentin disputant la finale le lendemain face à l’Espagne. Ces matchs de classement, souvent débridés parce que libérés de l’enjeu suprême, ont l’habitude d’offrir des buts ; les artificiers des deux camps ont de quoi faire.
L’histoire, enfin, penche du côté français. Le dernier grand duel entre les deux nations remonte au quart de finale du Mondial 2022 au Qatar : victoire 2-1 des Bleus, avec ce penalty envoyé au-dessus par Harry Kane en fin de match. La France sait aussi finir sur le podium, elle qui avait décroché le bronze en 1958 puis en 1986 ; l’Angleterre, elle, avait perdu sa seule « petite finale », en 1990 contre l’Italie.
Alors, à quoi ressemblera ce France – Angleterre sans lendemain ? Sans doute à un match ouvert, rythmé par les rotations et les envies personnelles. Mais entre un groupe France soudé derrière un sélectionneur qui fait ses adieux et un capitaine lancé vers un trophée individuel majeur, la balance penche côté tricolore. Pronostic : une victoire des Bleus dans un match à buts, pour offrir à Didier Deschamps une dernière danse réussie sous les projecteurs de Miami !
M6