L'analyse du match
Par Rémy · Publié le 14 juillet 2026 à 09:13
Il ne reste plus que 90 minutes, peut-être un peu plus, pour départager deux vice-champions lancés dans leur été européen. Ce jeudi 16 juillet à 20h15, la Groupama Aréna de Budapest accueille la manche retour du 1er tour de qualification de la Ligue Europa entre le Ferencváros et le Vojvodina Novi Sad. Les Hongrois ont fait une partie du chemin en s’imposant 2-1 à l’aller, le 9 juillet en Serbie, mais l’avance est trop courte pour parler de formalité : au moindre relâchement, tout peut basculer.
Retour sur cette première manche du stade Karađorđe, disputée devant 6 557 spectateurs. Le Fradi avait idéalement lancé sa soirée par Kristoffer Zachariassen, à la conclusion d’un service de Krisztián Lisztes dès la 8ème minute. Mais juste avant la pause, un but contre son camp du défenseur Toon Raemaekers remettait les deux équipes à hauteur. Il a ensuite fallu attendre la 86ème minute et une frappe de Bamidele Yusuf, trouvé par Naby Keïta, pour que les Vert et Blanc reprennent les commandes de la double confrontation. Aucun carton rouge n’a été distribué : les deux entraîneurs disposeront de groupes au complet sur le plan disciplinaire.
Un but d’avance, donc, et c’est tout. Depuis la disparition de la règle du but marqué à l’extérieur, ce 2-1 n’offre aucun filet de sécurité : une victoire serbe 1-0 à Budapest enverrait tout le monde en prolongation, un succès par deux buts d’écart renverserait carrément la vapeur. Détail qui en dit long sur l’équilibre de l’aller : la « Voša » n’a pas marqué elle-même, son but étant venu d’une malheureuse déviation hongroise, mais elle a rivalisé dans les duels et s’est procuré de vraies situations. Le Fradi est prévenu.
Pour le club le plus titré de Hongrie, cette campagne estivale a valeur de rachat. Au printemps, les Budapestois ont laissé filer le titre national pour un tout petit point, 68 unités contre 69 au surprenant Győri ETO, avant de sauver leur saison en soulevant la Coupe face à Zalaegerszeg (1-0). L’été a ensuite rebattu les cartes : Robbie Keane parti fin mai, c’est Balázs Borbély qui a pris le relais sur le banc, un technicien arrivé de Győr, justement, le club qui venait de chiper la couronne au Fradi. Pour son premier match officiel, il a ramené une victoire de Novi Sad : difficile d’imaginer meilleure entrée en matière.
Sur le plan de l’effectif, le Ferencváros a changé de visage devant. Barnabás Varga, référence offensive des dernières saisons, a été vendu à l’AEK Athènes en janvier après 70 buts en 113 matchs sous le maillot vert et blanc. C’est désormais Bamidele Yusuf qui porte l’attaque, et le Nigérian a répondu présent au meilleur moment à Novi Sad.
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Autour de lui, Zachariassen apporte ses courses de l’entrejeu vers la surface, et la patte de Naby Keïta, passeur décisif sur le but du break, donne au milieu hongrois un supplément de contrôle que peu d’équipes possèdent à ce stade des qualifications. Dans les cages, Ádám Varga a tenu son rang à l’aller.
En face, le Vojvodina n’a pas traversé la frontière pour faire de la figuration. Dauphin de l’Étoile Rouge de Belgrade en SuperLiga serbe, le club de Novi Sad a bouclé un exercice 2025-26 très solide sous la houlette de Miroslav Tanjga, ancienne gloire maison. À l’aller, son bloc regroupé en 4-2-3-1 a longtemps tenu le choc, et la punition tombée à quatre minutes du terme a laissé un goût amer dans le vestiaire serbe.
L’équation des Serbes est limpide : il faut gagner à Budapest. Par deux buts d’écart pour passer directement, par un seul pour arracher la prolongation. Cela suppose de sortir de son camp, de tenir le ballon plus haut et d’accepter de se découvrir, exactement le scénario qui ouvre des boulevards à la vitesse de Yusuf et aux transitions hongroises. Tout l’art de Tanjga consistera à avancer sans se dénuder, quitte à miser sur les coups de pied arrêtés pour faire douter la Groupama Aréna.
Le facteur ambiance, justement, ne doit pas être sous-estimé. Le Fradi reste une place forte du football d’Europe centrale, habitué depuis des années à fréquenter les phases de groupes puis de ligue des coupes d’Europe, et son public sait faire de ces soirées de juillet un vrai rendez-vous. Pour des organismes encore en pleine montée en charge, avec les jambes de juillet et des automatismes en construction, évoluer dans une enceinte acquise à sa cause peut faire gagner les quelques pourcents qui manquent ailleurs.
L’enjeu dépasse la seule affiche : le vainqueur de cette double confrontation défiera le FC Twente au 2ème tour de qualification, les 23 et 30 juillet, un adversaire d’un tout autre calibre. Le perdant, lui, sera reversé vers les qualifications de la Conference League. Autrement dit, il restera un lot de consolation, mais personne ne s’en contentera : la Ligue Europa, ses affiches et son prestige valent bien plus qu’un détour par la troisième coupe d’Europe.
Au moment de trancher, tout converge vers le Ferencváros : l’avantage au score, le soutien de son public, la profondeur d’un effectif taillé pour ces joutes estivales et la dynamique d’un nouveau staff qui a réussi son baptême. Le Vojvodina a montré à Novi Sad qu’il savait rivaliser, et une équipe libérée de toute pression est toujours dangereuse. Mais sur l’ensemble des deux manches, le Fradi tient le bon bout : victoire hongroise à la Groupama Aréna et qualification pour le tour suivant. Les Vert et Blanc confirmeront-ils devant leur public qu’ils ont bien digéré leur été de transition ?