L'analyse du match
Par Rémy · Publié le 21 juillet 2026 à 06:39
L’été européen a beau être jeune, il réserve déjà une affiche de haut de gamme. Ce jeudi 23 juillet, le Dynamo Kiev et le PAOK Salonique ouvrent leur double confrontation du deuxième tour de qualification de l’Europa League, une marche de plus sur la longue route qui mène à la phase de ligue. Deux clubs habitués aux joutes continentales, deux trajectoires bien différentes, et un billet européen à aller chercher en deux manches.
Pour les hommes d’Ihor Kostiuk, le rendez-vous a un goût particulier. Privé de son stade Lobanovski depuis le début de la guerre, le Dynamo dispute ses matches « à domicile » loin de Kiev : c’est à la Motor Lublin Arena, en Pologne, que les Ukrainiens recevront le PAOK. Un terrain d’exil devenu presque familier, mais qui prive tout de même la formation kiévienne du soutien brûlant de son public habituel.
La saison 2025-2026 a laissé des traces. Longtemps référence du football ukrainien, le Dynamo a terminé à une inhabituelle quatrième place de son championnat, bien loin de ses standards, au point de changer d’entraîneur en cours de route. C’est finalement la Coupe d’Ukraine, remportée sous la houlette de Kostiuk, qui a sauvé l’exercice et ouvert la porte de l’Europe. Une bouée de sauvetage, et une raison de croire encore en un projet en reconstruction.
Le premier tour a d’ailleurs rappelé que rien ne serait simple. Face à l’Universitatea Cluj, les Ukrainiens n’ont trouvé la faille dans aucune des deux rencontres : deux fois 0-0, et une qualification arrachée aux tirs au but, 4-2. De quoi valider le billet, mais aussi souligner un manque criant de tranchant offensif. Près de deux cents minutes sans marquer avant d’affronter un adversaire d’un autre calibre, voilà qui interpelle.
Car le PAOK, lui, est un tout autre client. Le club de Salonique n’entre en lice qu’à ce stade de la compétition, frais et préparé pour un rendez-vous qu’il aborde en position de favori. La saison dernière, les Grecs ont lutté jusqu’au bout pour le titre en Super League, échouant à un tout petit point de l’Olympiakos, 57 unités contre 58. Un dauphin malheureux, mais un cador solidement installé dans le haut du panier grec.
Sur le banc, un nom qui résonne du côté de Kiev : Razvan Lucescu, fils de Mircea, l’homme qui a longtemps dirigé le Dynamo et la sélection ukrainienne. Le technicien roumain a bâti un PAOK solide, rodé aux joutes européennes — encore engagé dans la phase finale de l’Europa League l’hiver dernier — et bien fourni devant. Giannis Konstantelias, huit réalisations en championnat la saison passée, incarne cette génération montante, épaulé par l’expérience de Kiril Despodov et d’Andrija Zivkovic sur les ailes. En préparation, les Grecs ont aligné trois succès amicaux avant de trébucher face à Twente (2-3), un accroc sans grande conséquence à ce stade de l’été.
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Le défi tactique est clair pour le Dynamo. Face à un bloc grec bien organisé et capable de piquer en contre, les Ukrainiens devront trouver l’équilibre entre l’envie de marquer à la maison — précieux avant le déplacement retour — et la prudence nécessaire pour ne pas s’exposer. Dans l’entrejeu, le rôle de Volodymyr Brajko sera déterminant : c’est sur les épaules de ce récupérateur que reposera une bonne partie de l’équilibre, entre récupération des ballons et relance propre vers Mykola Shaparenko et les hommes offensifs.
Reste la donnée physique, si particulière en ce début d’été. Le Dynamo aborde ce tour avec deux matches officiels dans les jambes, un rythme de compétition que le PAOK, entré plus tard dans la course, n’a pas encore. À ce moment de la saison, les automatismes restent fragiles et un tour préliminaire se gagne souvent sur l’engagement et les duels bien plus que sur le beau jeu. Un léger atout pour des Kiéviens qui devront rentrer dans le match par la bataille physique.
Les deux clubs se connaissent peu : leur unique passé européen commun remonte à un lointain tour de Coupe des clubs champions, dans les années 1970, nettement dominé à l’époque par le Dynamo. Autant dire que les repères manquent et que tout se jouera sur ces deux manches. Avec, en ligne de mire pour le match retour, l’ambiance bouillante du stade Toumba, le 30 juillet, l’un des chaudrons les plus réputés de Grèce. Une raison supplémentaire, pour le Dynamo, de ne pas se saborder dès l’aller.
Alors, qui prendra l’avantage ? Sur le papier, le PAOK affiche le collectif le plus abouti, l’expérience européenne la plus fraîche et une puissance offensive supérieure. Mais le Dynamo, même diminué et exilé, reste une équipe difficile à manier, portée par l’urgence de réussir sa saison européenne. Tout plaide pour un match aller fermé, disputé sur de faibles écarts, où la moindre erreur pèsera lourd. Les Grecs partent légèrement favoris sur l’ensemble de la double confrontation, mais à Lublin, ce premier acte a tout d’un rendez-vous serré, où l’on parlera d’abord d’équilibre et de patience avant de parler de buts.