L'analyse du match
Zidane défie les Diables Rouges !
Par Rémy · Publié le
Deux mois et demi après la fin du Mondial nord-américain, la Belgique et la France se retrouvent déjà, lundi 28 septembre à 20h45, au stade Roi Baudouin de Bruxelles. L’affiche compte pour la 2e journée du groupe A1 de la Ligue des Nations 2026-2027, une poule relevée qui réunit aussi l’Italie et la Turquie. Deux sélections en pleine mue, deux nouveaux sélectionneurs et un derby des voisins qui n’a jamais rien d’anodin : de quoi lancer une saison internationale qui servira aussi de rampe vers l’Euro 2028.
Le décor a changé des deux côtés de la frontière. En France, Didier Deschamps a tiré sa révérence après quatorze ans de règne, et c’est Zinédine Zidane qui a pris les commandes des Bleus fin juillet. En Belgique, Rudi Garcia n’a pas survécu à l’élimination en quart de finale et la fédération a confié les rênes au Néerlandais Mark van Bommel, ancien entraîneur du PSV, de Wolfsburg et de l’Antwerp, engagé jusqu’à l’Euro 2028. Pour l’un comme pour l’autre, ce derby arrive dès la deuxième sortie officielle : il n’y aura pas de période d’essai.
La première journée a donné le ton : la France est allée s’imposer 1-0 à Kocaeli sur un but de Kylian Mbappé, tandis que la Belgique a surpris l’Italie 2-0 à Rome, grâce à Godts et Lukébakio. Les deux équipes arrivent donc à Bruxelles avec trois points et le plein de confiance. Les résultats de ces deux premières sorties pèseront forcément sur l’état d’esprit des vestiaires lundi, mais il serait hasardeux d’en préjuger. Une chose est sûre : dans un groupe à quatre où seuls les deux premiers verront les quarts de finale, personne ne peut se permettre de laisser filer des points à domicile, et la Belgique encore moins.
L’été des Bleus a laissé un goût mitigé. Le parcours avait pourtant tout d’une marche triomphale : un groupe bouclé avec 9 points sur 9 (3-1 contre le Sénégal, 3-0 face à l’Irak, 4-1 devant la Norvège), un huitième de finale maîtrisé contre la Suède puis un quart de finale solide face au Maroc (2-0). Mais l’Espagne a stoppé la machine en demi-finale à Dallas (0-2), avant une « petite finale » complètement folle perdue 6-4 contre l’Angleterre à Miami. Quatrième place, donc, et une frustration que le Soulier d’or de Kylian Mbappé, auteur de 10 buts dans le tournoi, n’efface qu’en partie.
Côté belge, le Mondial a longtemps ressemblé à un chantier. Deux nuls pour commencer, 1-1 contre l’Égypte et 0-0 face à l’Iran, avant que la machine ne s’emballe : 5-1 contre la Nouvelle-Zélande, 3-2 devant le Sénégal en seizième de finale, puis un 4-1 sans appel contre les États-Unis en huitième. L’aventure s’est arrêtée en quart de finale, à Los Angeles, face à l’Espagne (2-1). Un parcours honorable, sans plus, qui a suffi à convaincre la fédération de tourner la page Garcia.
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Le premier chantier de Van Bommel se situe dans les cages. Thibaut Courtois a demandé à ne pas être retenu, Matz Sels a mis un terme à sa carrière internationale, et les Diables Rouges se présentent avec quatre gardiens au vécu international encore léger : Senne Lammens, Maarten Vandevoordt, Mike Penders et le néophyte Jari De Busser. Axel Witsel a lui aussi raccroché, Jérémy Doku et Amadou Onana manquent à l’appel, tandis qu’Alexis Saelemaekers et Thomas Meunier n’ont pas été convoqués. Le nouveau sélectionneur a toutefois conservé ses cadres : Youri Tielemans garde le brassard, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku, meilleur buteur de l’histoire de la sélection, sont bien là, et le groupe s’ouvre à une vague plus jeune avec Malick Fofana, Mika Godts, Diego Moreira ou Charles De Ketelaere.
En face, Zidane a composé une liste de 23 joueurs qui mêle continuité et sang neuf. Mbappé conserve le brassard et sera entouré d’Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Bradley Barcola et Michael Olise, meilleur passeur du dernier Mondial. Derrière, Mike Maignan reste le patron dans les buts, avec Dayot Upamecano et Jules Koundé comme repères. Mais l’infirmerie a frappé : Ibrahima Konaté (genou) et Warren Zaïre-Emery sont forfaits, William Saliba et Aurélien Tchouaméni sont également absents, et le jeune gardien lensois Robin Risser a dû céder sa place à Jean Butez. Cinq néophytes découvrent le groupe, parmi lesquels Leny Yoro, Jérémy Jacquet, Andy Diouf, Lucas Da Cunha et l’attaquant rennais Esteban Lepaul.
L’histoire récente plaide nettement pour les Tricolores. Depuis 2018, cinq duels officiels et autant de victoires françaises : 1-0 en demi-finale du Mondial en Russie, 3-2 en demi-finale de la Ligue des Nations 2021 à Turin, 1-0 en huitième de finale de l’Euro 2024, puis 2-0 à Lyon et 2-1 à Bruxelles lors de la Ligue des Nations 2024-2025, ce dernier succès porté par un doublé de Randal Kolo Muani. Pour les Diables Rouges, le voisin français est devenu un véritable « plafond de verre » depuis huit ans.
Sur le plan tactique, l’inconnue est double. Zidane n’a pas encore eu le temps d’imprimer sa patte, mais il dispose d’une densité offensive rare, avec des profils capables de faire la différence dans les espaces. Face à un bloc belge qui cherchera sans doute à tenir le ballon autour de De Bruyne et Tielemans, les transitions rapides d’Ousmane Dembélé et de Michael Olise pourraient faire très mal, même sans Kylian Mbappé : touché au genou à Kocaeli (hyperextension), le capitaine a quitté le rassemblement et manquera la rencontre. À l’inverse, une défense française privée de Konaté et Saliba devra se méfier de la présence de Lukaku dans la surface et des accélérations de Fofana ou Trossard. Le match se jouera probablement dans l’entrejeu, où Adrien Rabiot et Manu Koné auront la lourde tâche de contenir la créativité de De Bruyne.
Côté cotes, le marché place logiquement la France en favorite. Sur les sites tiers consultés, la victoire des Bleus s’affiche aux alentours de 1.95-2.00, contre environ 3.60-3.70 pour un succès belge. Compte tenu de la dynamique des confrontations directes, de la profondeur de banc tricolore et de l’incertitude qui entoure encore les gardiens belges, la piste d’une victoire française, aux alentours de 1.95, paraît la plus cohérente. Une lecture qui mérite réflexion, en gardant à l’esprit que deux sélections sous nouveau commandement restent difficiles à cerner et qu’aucun scénario n’est acquis d’avance.
Le calendrier ne laissera aucun répit. Dès le vendredi 2 octobre, la France recevra l’Italie tandis que la Belgique accueillera la Turquie, avant la manche retour de ce derby, lundi 5 octobre au Stade de France. Deux France-Belgique en huit jours : de quoi livrer très vite un premier verdict sur les projets de Zidane et Van Bommel. Les Diables Rouges peuvent-ils enfin briser la malédiction face à leur voisin, ou Zizou va-t-il signer à Bruxelles son premier grand coup sur le banc tricolore ?
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